Le souffle de nos rêves

Publié le par La Peintre

Hier midi j'ai profité de ma dernière journée de travail à Montréal (lundi je suis embauchée pour un poste permanent à 20 minutes de la maison !) pour aller voir une expo. Il faisait un vent à décorner les boeufs ! Fort heureusement ce genre de bestioles ne circule pas sur le boulevard Saint-Laurent, qui est déjà bien assez encombré comme ça avec les travaux.


Je suis donc arrivée, bonnet visé sur les oreilles, à la SAT. Et là, je me suis retrouvée transportée dans la galaxie Dufresne. J'adore cette artiste : non seulement c'est une bonne chanteuse, avec une voie chaude et profonde, mais en plus elle est vraiment inspirée. Déjantée ? Oui bien sûr, cela fait partie de son personnage. Mais surtout sincère, totalement et absolument sincère.
Je dois avouer cependant que je n'ai pas été immédiatement conquise. En tant qu'artiste peintre, j'ai d'abord eu un regard critique sur ses oeuvres. Elle peint, mais pas comme un peintre : elle a besoin du texte et du graphisme musical pour créer ses oeuvres.  Donc, cela m'a dérangé tout d'abord, car j'estime qu'un vrai peintre doit être capable de communiquer des émotions visuelles au premier regard, sans passer par l'écriture.
Elle dit s'inspirer de Frère Jérôme (je ne connais pas, je vais donc m'informer) et créer dans une gestuelle automatique. Il me semble que la gestuelle, en peinture, doit être tout sauf automatique.  Pour moi, chaque geste doit être neuf, même s'il a été répété mille fois, car l'art est un recommencement perpétuel.
Mais ensuite je me suis ensuite laissée séduire. Comment décrire ses toiles ? Des calligraphies orientales ? Il y a un peu de ça, oui : une calligraphie mi japonaise mi arabe, tracée au calame (baton de bois). A mon avis, elle a du utiliser du plexiglass ou du plastique pour les idéogrammes. Mais peu importe. Le résultat est là : un art totalement inspiré, quelque part entre la création graphique et musicale. Elle m'a fait penser à Sapho, que je suis allée voir il y a 2 ans à la maison de la poésie à Paris. Toutes deux semblent se trouver sur une autre planète, mais en fait elles ont une conscience aigüe de la réalité.

Diane Dufresne est  capable de créer avec tout et n'importe quoi : elle a même écrit un conte médiéval en s'inspirant du bottin téléphonique !
Finalement je suis sortie de l'expo le sourire jusqu'aux oreilles, son CD dans la poche. A voir et à écouter de toute urgence !

Publié dans Arts plastiques

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Ervalena 20/11/2007 13:04

Intéressant de voir comment qulequ'un de connu dans un domaine peut se diversifier et montrer d'autres facettes de sa personnalité! Et intéressante ta critique qui montre qu'il faut "entrer" chez la personne pour mieux la connaître plutôt que de se laisser emporter par une première impression parfois fausse...

Tietie007 18/11/2007 10:47

Diane Dufresne ! On la voyait souvent, à la télé française à la fin des années 70 et dans les années 80 ! Elle s'est donc reconvertie dans l'art !

La Peintre 19/11/2007 02:03

Pas du tout ! Elle ne s'est absolument pas reconvertie : à plus de 60 ans, elle continue de chanter et de faire des spectacles époustouflants. Simplement, elle peint et fait des montages vidéos en plus de la chanson. Sa dernière expo correspond à la sortie de son dernier CD (en photo sur l'article) qui comporte entre autres une chanson écrite par Hubert Reeves et une autre composée par Catherine Lara. Tout comme Claude Dubois, que plus personne ne connait plus en France, elle est une des grandes icones de la chanson québécoise. Et j'adore !!!