L'élection présidentielle française

Publié le par La Peintre & le Samouraï

Comme tous les mois nous participons à  la REDAC du mois avec nos amis internautes dont les blogs sont cités en lien, colonne de gauche.

Le sujet est d'une actualité brûlante pour nous, français de France :

" L'ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE "

Ouh là ! L'enjeu est de taille. Nous autres français sommes assez doués pour la polémique : il nous est impossible de parler politique sans nous étriper. Alors, écrire sur la politique, c'est encore pire ...

Une fois de plus c'est La Peintre, encouragée de son Boulanger Samouraï, qui  prends la plume, tremblante d'appréhension à la pensée des foudres internautiques qui vont lui tomber sur le dos. Mais peu importe, il suffit de se lancer.

Alors je plonge.

Pendant de longues années je n'ai pas voté. C'était d'abord par négligence, ayant déménagé tellement souvent que j'oubliais de me réinscrire sur les listes électorales de chaque nouvelle résidence. Eh puis, aucun candidat ne répondait à mes aspirations. Dans les années 80/90, me sentant déjà très concernée par l'écologie,  j'annonçais  : "Je voterais bien Cousteau", déchaînant les moqueries autour de moi. Les  écologistes politiciens ne m'ayant jamais vraiment convaincue, je ne voyais que le Commandant Cousteau comme candidat possible. Ou alors quelqu'un qui aurait été VRAIMENT concerné par la survie de notre planète. Le problème des politiciens, c'est qu'ils ne voient pas plus loin que le bout de leur mandat, alors qu'il faudrait gouverner un pays sur la base d'une prospective intelligente prenant en compte  le développement de la population en parallèle à l'évolution des ressources. Ce qu'aujourd'hui on appelle le développement durable, quoi.

Cette année je vais voter, pour ne pas me sentir frustrée comme en 2002 de n'avoir pas pu m'exprimer. Mais pour qui ?!?

On ne voit que des candidats à l'égo démesuré qui ne savent dire que : "MOI  je", "Quand JE serai président", "Votez pour MOI". Du bla-bla, des promesses qui caressent les électeurs dans le sens du poil tout en les prenant pour des enfants. Augmenter les salaires, baisser les impôts, donner du travail à tout le monde, assurer un revenu étudiant, augmenter les retraites, résoudre les problèmes de l'immigration, de l'insécurité, de l'intégration de la France dans l'Europe  : tout cela c'est très joli, mais comment et surtout avec quel argent ? Je constate en tout cas qu'aucun candidat, à part José Bové et Dominique Voynet, ne s'engage pour le pacte écologique de Nicolas Hulot, qu'ils ont pourtant presque tous signé (à part Jean-Marie Le Pen qui a clairement annoncé qu'il ne se sentait pas du tout concerné par la survie de la planète).

Les 12 candidats ne pensent qu'au pouvoir pour le pouvoir, sauf peut-être Arlette Laguiller. Alors, pour qui voter ? Le choix est difficile.












Notre futur président sera probablement l'un de ces trois candidats. Saura-t-il/elle répondre aux aspirations des français tout en maintenant la France au niveau des grandes puissances internationales ? L'enjeu est de taille.

Mais pour le moment j'ai plutôt l'impression d'assister à une bagarre de cour de récréation, prélude à une distribution de bons points qui assurera au gagnant le statut de chef de classe. Nous sommes loins de la qualité des débats de 1974 et 1981 entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, actuellement repris au théâtre de la Madeleine par Jean-François Balmer et Jacques Weber.

J'ai cependant trouvé quelques bonnes idées chez certains candidats. Promouvoir les petites et moyennes entreprises pour Philippe de Villiers, favoriser les travailleurs au détriment du patronat pour Gérard Schivardi, contrôler le nucléaire chez José Bové, créer un ministère de l'immigration pour Nicolas Sarkozy. En tant que futurs émigrants au Canada, nous ne pouvons qu'approuver une politique de contrôle de l'immigration car nous nous sommes soumis bien volontiers aux exigences de la province du Québec, avant celles du gouvernement du Canada. Si la France faisait la même chose, ce serait un scandale sans précédent.

En dehors de notre amour pour les paysages du Canada et de la Belle Province, notre décision d'émigrer repose sur deux constats :

- Nous sommes fatigués du système social français fondé sur l'assistanat ;

- Nous voulons créer notre emploi sans avoir de bâtons dans les roues.
En effet, mieux vaut en France être à la charge du système que de chercher à s'en sortir. Preuve par A + B : Gilles a été salarié 10 ans dans une grande fondation privée et à ce titre a donc versé 25% de son salaire à l'Urssaf, à la Caisse de retraite, à l'Assurance Maladie, aux Assedic, ainsi qu'à d'autres organismes complémentaires. Au bout de 10 ans de bons et loyaux services il a été licencié dans le cadre d'un "Plan social". Comme le gars a de la ressource, il n'a pas attendu d'être au chômage pour rebondir : il a cherché une formation, un stage, et au bout du compte s'est débrouillé pour avoir une offre d'emploi au Québec parce qu'à 45 ans il n'aurait jamais retrouvé ne serait-ce que l'équivalent de son ancien salaire en France. Résultat des courses : non seulement il a du financer seul sa formation, mais en plus il n'est pas pris en charge par les Assedic car, étant en formation, il est considéré comme n'étant plus demandeur d'emploi. Alors que justement il fait une formation pour retrouver du travail !
Il aurait presque mieux valu qu'il reste au chômage sans rien faire, on lui aurait versé sans moufter une allocation chômage. Bon, on ne va pas pleurer, en principe il va quand même obtenir une aide de 700 € : avec ça on va pas rouler sur l'or, mais c'est mieux que rien.
A quoi ça sert de cotiser autant si c'est pour encourager les fainéants à ne rien faire et pénaliser les courageux qui tentent par tous les moyens de s'en sortir ? A quoi servent les cotisations sociales, franchement ?
Rappelons tout de même que les cotisations sociales, c'est 25% pris sur le salaire de l'employé et 40%  de cotisations patronales en plus pour l'employeur. C'est énorme. Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux cotiser un peu moins de chaque côté, ce qui permettrait d'une part, d'assurer des revenus décents aux salariés et d'autre part, de favoriser de nouvelles embauches ? De nombreux petits patrons, des artisans, des travailleurs indépendants, se privent de personnel parce que cela coûte trop cher d'embaucher.

Mais non. La France préfère COTISER, soit-disant pour assurer la sécurité de l'emploi, pour garantir des allocations chômage et pour je ne sais quoi encore, ce qui au final contribue à augmenter le nombre de chômeurs.

Quant à moi, je suis artiste-enseignante. C'est-à-dire que je vends des tableaux d'une part, et que je donne des cours d'arts plastiques d'autre part. Le tout en étant à mon compte, en tant que travailleur indépendant. Quand je vends une toile, je n'ai que 15% de cotisations sociales, par l'intermédiaire de la Maison des Artistes. Par contre, quand je donne un cours de dessin, j'ai 40% de cotisations sociales, par l'intermédiaire de l'Urssaf. Conclusion : j'ai arrêté mon activité d'enseignement en France car cela me coûte trop cher. Si j'avais, comme pour mon activité d'artiste, 15% de charges, non seulement je pourrais vivre de mes cours, mais en plus je pourrais embaucher une personne pour m'aider. Résultat : deux chômeurs en moins !

Mais non. La France veut la SECURITE de l'emploi, système sclérosé qui à la longue crée du chômage. A un contrôleur de l'Urssaf qui était venu me contrôler, j'avais posé la question suivante : préférez-vous me voir pointer à nouveau à l'Anpe ? Il m'a répondu OUI.

Où est la logique dans tout ce cirque ? Au risque de passer pour une facho (en France tout au moins c'est ainsi que l'on me percevra) je pense qu'il est urgent de baisser les cotisations sociales pour les ramener à 15% maximum, juste pour la caisse maladie et la caisse retraite : cela inciterait plein de gens à créer leur emploi et à se bouger pour développer leur activité.

Mais non. La France veut être ASSISTEE.

Le résultat de ce système d'assistanat : de plus en plus de chômeurs, des actifs qui ne trouvent pas de logement (cf. mon article du 18 janvier) et un pays qui avance à grands pas vers la faillite parce que ses habitants sont empreints de morosité.

Alors oui, nous partons, non pas vers un nouvel Eldorado (faut pas rêver non plus), mais vers un pays qui encourage l'initiative individuelle et la prise en charge de chacun par lui-même et non par l'Etat.

En attendant nous allons voter dans ce charmant bureau de vote, l'école du coin. Enfin, Gilles votera pour moi, puisque je serai à Montréal.



NB : Les photos ont été prises sur les panneaux électoraux en bas de chez nous, d'où l'aspect froissé des affiches, et les candidats sont présentés par ordre alphabétique ou par panneau ( n°1, 2, 3, etc.)

Publié dans La rédac du mois

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Brigitte 20/04/2007 01:31

Tout est dit. Je ne rajouterai pas grand chose. Sauf, peut-être  mon témoignage?   J'ai voté jusqu'en 1999, le 12 décembre plus précisément. Je votais vert à l'époque, puisque pour moi droite et gauche c'était (c'est toujours) bonnet blanc et blanc bonnet . Et le 12 décembre, catastrophe de l'Erika. Et notre chère ministre de l'environnement, Dominique Voynet pour ne pas la nommer,  qui revient tranquillement de vacances et qui sort son fameux :" C'est pas la catastrophe écologique du siècle!". Après, j'ai décidé de voter blanc. En espérant que les votes blancs seraient enfin  comptabilisés et que les politiques se prendraient un grand ouf dans l'estomac. Et non, rien n'a changé, mes votes blancs sont partis à la poubelle, nuls! Donc, depuis quelques années, j'ai décidé de faire la grasse mat. Et je la ferai encore samedi!  Par contre, hier, je regardais sur TV5 Arlette «laguillier.  Elle, elle me fascine. Même si je ne partage pas ses opinions, j'ai un grand respect pour elle. Elle a desconvictions, elle y croit , rien ni personne ne peut l'acheter, c'est une pure. Ahhh! Si on avait un peu plus d'hommes politiques qui lui ressemblent, peut-être qu'on ne serait pas partis, nous non plus.
Allez, vaï, venez vite, on vous attend.
Brigitte, émigrée, Montréal, Canada
 

Ervalena 16/04/2007 17:30

Je vois ISA que tu réponds du tac au tac à nos amis blogueurs... de façon tout à fait valable et argumentée. Il ne faut pas croire que tes points de vue sucitent une levée de boucliers!
Certes quand tout va bien on a du mal à se mettre dans la peau de quelqu'un qui a de nombreux problèmes de santé...et quand on est en bonne santé c'est tant mieux! Et malgré notre maladie de "l'assistanat", nous avons le protection le plus performant du monde ou presque... On ne va pas cracher dessus... Le problème c'est qu'on commence à manquer de spécialistes... et de médecins dans les zones les moins attrayanates de France... comme le Nord!
Regarde dernièrement, avec mes oreilles, mes yeux, mes dents... Si Hervé n'avait pas eu une bonne mutuelle l'addition aurait été salée pour moi!

La Peintre & le Samouraï 16/04/2007 18:34

Je suis d'accord : nous avons un des systèmes de santé les plus performants au monde ! Mais au bout du compte on retrouve les mêmes problèmes que partout ailleurs.Regarde Cyran qui s'est fait opérer de la cheville il y a 2 ans : avec une très bonne mutuelle nous avons encore du payer 500 € de dépassements d'honoraires pour le chirurgien,  non remboursés bien sûr.Finalement on se retrouve dans la même situation que dans un pays sans protection sociale !En plus je n'ai jamais dit que je ne voulais pas de sécu : j'ai dit qu'au lieu de payer 65% de charges sociales pour l'Urssaf, le chômage, les allocs, la caisse de retraite et les divers organismes complémentaires (sans savoir au juste où ça va), je préférais payer 15%  pour la sécu et la retraite, moyennant quoi j'ai du boulot, je gagne bien ma vie, et en plus je peux embaucher une voire deux personnes.Je passe la plume à Gilles :Je reviens sur le système totalement déficient et peu efficace de la formation professionelle en France. Sans m'appesantir sur mon cas très bien décrit par Isa, absurbe et décourageant si on veut s'en sortir tout seul,  voilà le cas d'un de mes collègues en école de boulangerie, dont l'objectif est d'ouvrir une boulangerie avec son fils pâtissier. Il a du démissionner car son entreprise, bien qu'étant sur le point de fermer, a refusé de le licencier ; ensuite il a du, tout comme moi d'ailleurs, financer sa formation, sans aide d'aucune sorte. Tout ça parce qu'il n'a pas attendu que sa boîte ferme et qu'il a pris les devants pour ne pas se retrouver un ou deux ans plus tard au chômage, sans possibilité de reconversion car passé un certain âge plus le temps passe, moins on peut rebondir professionnellement. Et à côté de ça, le greta a envoyé une fille pas motivée en formation de boulangerie : résultat, elle a abandonné, et ça a fait de l'argent gaspillé aux frais de la collectivité pour rien.Finalement, mon collègue et moi nous allons mieux nous en sortir que d'autres qui ont reçu les aides que nous n'avons pas eues. Ceux qui ont une formation tous frais payés s'en fichent, justement parce qu'ils sont payés, tandis que nous, nous risquons très gros : nous n'avons pas le choix, nous devons absolument réussir.Conclusion : dans le domaine de la formation il y a beaucoup à faire ... En commençant par mettre un peu de bon sens dans cette pagaille.

Olivier de Montréal 16/04/2007 06:23

Tu sais, on ne cotise pas autant qu'en France au Québec, mais on ne trouve pas de médecin de famille, il faut aller dans les dispensaires (aux heures du bureau) ou aux urgences (en dehors) et y attendre des heures car elles sont engorgées.C'est la principale préoccupation des Québécois et le premier ministre a été sévèrement critiqué sur ce sujet lors de la dernière élection.Mario Dumont, le chef de l'opposition propose de tout libéraliser comme aux Etats-Unis en créant des cliniques privées.Quand j'ai eu ma tendinite, j'ai dû aller au dispensaire de quartier. Ah, et il y a des futures mamans qui ne trouvent pas de médecin pour suivre leur grossesse. Comme le dit Lady Iphigénia, on n'est pas remboursé pour les dents (ni les yeux). C'est très cher.Pour ça, la France n'est pas si mal que ça. :)

La Peintre & le Samouraï 16/04/2007 11:47

Je sais que le système de santé n'est pas top au Québec, c'est pour cela que nous allons mettre des sous de côté pour les coups durs et que nous faisons de la prévention : bouffe bio, homéopathie, médecines douces. C'est une nécessité.De toute façon en France aussi le système de santé se durcit : si on n'a pas de mutuelle on est très mal remboursé - à moins d'être salarié dans une grosse boîte, du coup les petits, par exemple les travailleurs autonomes comme moi, passent à la trappe (cf. ma réponse à Lady Iphigenia).

Nathalie a Sydney 16/04/2007 01:50

Le systeme social francais est lourd et oui, il fait la part belle a l'assistanat. Préférer dans tous les cas un système où chacun est responsable plutot qu'assisté oui !
Surtout que l'esprit de victimisation qui incite chacun à réclamer une compensation pour tout pourrit de nombreux autres aspects de la vie, personnelle et sociale.
Mais chaque pays a ses défauts, et généralement les qualités de ces défauts. Trouver toutes les qualités au Canada, mmmmm ? Un de tes lecteurs a l'air plus critique !
 
 

La Peintre & le Samouraï 16/04/2007 13:21

Bien sûr que le Canada, ce n'est pas l'Eldorado ! Je ne me fais pas d'illusions, le pays idéal ça n'existe pas, il y a du bon et du mauvais partout !

Lady Iphigenia 15/04/2007 23:14

En effet, le problème de l'emploi en France est de taille. Aussi, je me pose la même question qu'Ervalena; quelle est la situation dans les autres pays européens?Par contre, Isabelle, tu te rendras compte qu'au Canada aussi il y a des problèmes... Car pour presque 50% d'impôts retenus à la source, je n'ai pas encore comprit où va tout cet argent. La sécurité sociale et minable ici, et l'assurance maladie ne couvre pas le dentiste. Heureusement que j'ai des bonnes dents, mais pour me faire arracher les dents de sagesse ça me coûterais au moins $500 CAD (par dent). Ça fait 5 ans que je repousse l'inévitable...

La Peintre & le Samouraï 16/04/2007 11:43

C'est la même chose en France ! Pour se faire rembourser les frais dentaires et d'optique il faut adhérer à une mutuelle parce que la sécu ne rembourse presque rien. Je me suis fait arracher 2 dents de sagesse pour 350 €  chacune, soit environ 500 $, (pas la même année heureusement) parce cela me coûtait plus cher de cotiser pour une mutuelle que de payer l'intervention.