Chicoutimi l'orignal

Publié le par La Peintre & le Samouraï

 Tabernacle, moi Chicoutimi, l'orignal aux raquettes, présentement je suis rentré de mon stage d'apprentissage en boulangerie artisanale à Première Moisson au Québec depuis une semaine et je n'ai qu'une hâte : repartir dans la Belle Province avec Isabelle la peintre, Ziggy le zigounours et Cyran le bô.

J'ai passé là bas un peu plus d'un mois, logé à Montréal chez un Suisso-Canadien en colocation dans une maison (vue de la chambre ci-contre) et travaillant soit de jour, soit de nuit à Dorval, juste derrière l'aéroport P.E.Trudeau, dans l'une des unités de fabrication de cette châine de boulangeries bio aux méthodes artisanales et traditionnelles mais avec une production industrielle, ce qui pourrait sembler être icompatible : eh non c'est le miracle canadien.
 
J'ai été très bien accueilli par mon patron, savoyard comme moi, et par les collègues, avec toute l'aide et le soutien nécessaire pour une intégration réussie, qui m'ont transmis leur savoir-faire et leurs secrets de fabrication : c'est beau,  l'Esprit des Compagnons et des Boulangers, de l'entr'aide et de la solidarité.  Une équipe internationale avec entre autres une chinoise, un mexicain, un péruvien, des québécois à l'accent pointu, que l'on surnomne là bas les "pures-laines" mais étant jeunes, ouverts sur le monde contrairement à leurs ainés, et des français implantés depuis de nombreuses années, fondus dans le milieu ou récents immigrés "neufs",  pleins de fougue et d'enthousiasme, venus gagner leur vie et faire "leur trou", ou simplement de passage.

Au lieu de vous faire un compte-rendu indigeste, voyons plutôt cela d'un point de vue extrème-oriental.

Comme référence nous prendrons le "Traité des 5 Roues" (Gorin-no-Sho) de Myamoto Musashi, le plus grand des Samouraïs, où il associe ses tactiques de combat à la vie quotidienne comme une Voie à cinq "mutations" : le feu, le Vent, le Vide, l'Eau et la Terre.

Etant pratiquant d'Aïkido, appliquant ces principes Martiaux tous les jours, je les ai appliqués pour cette expérience unique et ils ont fonctionné à merveille. La Terre parce que tel un sillon, il faut tout connaître de la surface au plus profond : jusqu'au stage je ne connaissais que la théorie de la panification et le pain fait à la maison. Au fournil, pas le temps de peaufiner ou d'idéaliser, de rêver : prise directe dans le monde réel, rude, dur physiquement, les mains dans le pétrin, le "fermento" (levain liquide "maison", la "poolish" (mélange farine-eau-levure selon certaines proportions), la production intense (une moyenne de 6000 pains par jour, blancs, intégraux, aux céréales, raisins, façonnés à la main, machine, ou moulés.), les délais serrés, la pâte qui "pousse", les horaires décalés, observer, reproduire, retenir, demander, exécuter et finalement apprendre un beau métier ancestral ; effectivement tout connaître.

L'eau, ou l'un des trois éléments du pain, car elle s'adapte à toutes les formes, goutelette comme océan : si l'on est capable d'affronter un adversaire on peut en affronter des milliers.

Pour le canada, je suis parti là bas sabre au clair et prêt à affronter  les obstacles et oppositions : le premier fut  à l'arrivée de l'aéroport avec la perte pendant un jour de ma valise (en fait j'avais récupéré la valise d'un libanais, et erreur de ma part en lui rendant peu après -je suis tombé sur lui- car on m'a pris pour un terroriste au service des bagages lorsque j'ai expliqué mon cas ; en fait j'aurais dû rapporter cette valise au dit service.) Enfin bref, avec mon patron nous avons récupéré la valise le surlendemain après dépôt d'une déclaration de perte auprès du bon interlocuteur d'Air Canada. En attendant, mon loueur de chambre m'avait prêté un kit de survie. Dans ma valise j'avais toute ma tenue de boulanger, entre autres, et je tenais à la récupérer.

Le second obstacle fut de se faire admettre et accepter par les collègues afin de montrer ses bonnes itentions et leur faire comprendre que je n'étais pas venu piquer leur travail. Objectif atteint rapidement.

Voilà. Finalement et avant de passer au 3è élement dans la suite de ce reportage, le seul adversaire à affronter est soi-même.

Gilles

Publié dans Tea for two

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Ervalena 13/02/2007 11:59

J'attends avec impatience la suite des aventures de Chicoutimi!
bravo pour la première étape!
Et vous avez des amis déjà là bas qui vous attendent, quelle chance!!!!

Brigitte 13/02/2007 06:24

Gilles ! Isabelle!
Ils annoncent une tempête de neige sur Montréal mercredi et jeudi! La seule chose que Gilles n'ait pas eu le temps d'apprécier !!!! L'année prochaine, il faut emmener Ziggy a la fête des neiges! Il va s'éclater!
Bizzz
Cherrybee J-42